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Les pièces classiques de Pékin

Qiang Zheng a commencé à s'intéresser vraiment à la photo en 2011, non seulement comme un hobby, mais aussi comme un moyen de découvrir et de libérer ses propres émotions, comme s'il ouvrait une fenêtre sur son âme elle-même. Après le décès de sa mère, il a consacré beaucoup de temps et d'énergie à perfectionner ses photos, à la fois pour trouver un exutoire à son chagrin et pour donner un nouveau sens à sa vie.

Il décrit sa façon de photographier comme un prolongement du monde. « Tous les êtres sont sensibles. J'essaie d'exprimer dans mes photos ce qui constitue leur temps, leur espace et leur vie intérieure. Je n'ai pas de style défini, je cherche simplement à exprimer ces quelques éléments dans ma façon de travailler. »

Sa passion l'a récemment conduit à assister à un spectacle fixé par une tradition intemporelle, l'opéra chinois. Avec ses couleurs sublimes, ses mélodies qui vivent dans l'infamie et ses riches résonances culturelles, l'opéra de Pékin fait partie intégrante de l'histoire chinoise. Bien que pour l'essentiel, les jeunes générations manifestent peu d'intérêt pour cette forme d'art, une forte communauté, dont Zheng fait partie, cherche encore à la garder vivante.

« Les acteurs arrivent en général trois heures avant le spectacle pour se préparer. Ils entrent en coulisse et commencent à se maquiller. Ils sont tous très consciencieux et travaillent dur. J'admire vraiment leur persévérance et j'essaie de ne pas les interrompre en prenant mes photos. »

Sur chaque image, on peut discerner la complexité du maquillage et surtout des costumes. Chaque élément est méticuleusement élaboré et complété par une coiffure ancienne assortie. Ces accessoires sont aussi importants que les histoires elles-mêmes.

Lorsqu'il photographie l'opéra, Zheng cherche à voyager léger. Il n'emporte que deux appareils photo, le D800E et le D700. Il leur adjoint son objectif AF-S NIKKOR 70-200 f/2. 8G ED VR II, qu'il préfère pour sa capacité à capter la richesse des couleurs et sa qualité de mise au point. Il prend rarement un trépied, car il trouve que cela limite ses mouvements. Il préfère rester debout et se déplacer parmi le public pour saisir tous les angles.

C'est un parti pris qui représente également sa plus grande difficulté lorsqu'il photographie au milieu d'un public sans cesse en mouvement et qu'il doit photographier sans déranger les spectateurs et les artistes. Comme la mouche posée sur un mur, il essaie de rester invisible pour tous ceux qui l'entourent.

L'une de ses photos préférées s'intitule « Bao Zheng », un personnage aimé du public pour avoir été autrefois un fonctionnaire impartial. Il apprécie particulièrement cette photo à cause de sa nature brute et volontaire. L'acteur est profondément concentré sur son rôle malgré la chaleur des spots du studio qui le font transpirer au point que ses vêtements finissent trempés, ce qui n'empêche pas le spectacle de continuer.

Un autre moment mémorable pour lui a été la fois où un acteur de 60 ans devait chuter brutalement sur le dos au cours de la représentation. « J'ai vraiment été choqué. Une minute sur scène peut demander dix ans de travail. Je le respecte beaucoup pour avoir maîtrisé de telles compétences. »

À mesure que Zheng continue à perfectionner son art, il se sent privilégié d'être le témoin d'un spectacle qui perdure à travers les âges. De plus en plus passionné par la photographie, il retient de ses expériences que si lui-même ou quelqu'un d'autre souhaite devenir un grand photographe, il doit d'abord trouver sa propre voie, puis insister, comme l'ont fait les artistes qu'il a pu photographier.

À propos de Zheng

Qiang Zheng est un photographe indépendant qui vit en Chine. Il a commencé à étudier cet art en 2011, photographiant une grande diversité de scènes, prenant des instantanés dans la rue et des portraits. La photographie est devenu sa façon d'observer le monde, au point de devenir pour lui une forme de philosophie.